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Bilan phytosanitaire 2017

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Bilan phytosanitaire 2017

Le dernier comité technique annuel du Groupement de défense sanitaire végétal (GDS-V) de la Chambre d'agriculture s’est tenu le 17 avril 2018, à La Foa. Cette année, ce bilan des surveillances phytosanitaires a été élargi aux partenaires : le Sivap, l'IAC et l'IRD. Objectif : mettre en avant le continuum entre la surveillance aux frontières, les réseaux de surveillance des cultures et l'évolution des outils réglementaires.

L'union fait la force

Ils sont environ 70 - techniciens, agriculteurs, représentants des organisations professionnelles - à avoir répondu présent au rendez-vous donné par le GDS-V de la Chambre d'agriculture. Sophie Tron, coordinatrice, a rappelé que « la surveillance phytosanitaire a une finalité : la protection de la santé végétale par la prévention et la lutte contre les bioagresseurs ». Et elle dresse un bilan très positif du comité technique élargi, cette année, au Service d'inspection vétérinaire alimentaire et phytosanitaire (Sivap), à l'Institut agronomique néo-calédonien (IAC) et à l'Institut de recherche pour le développement (IRD). « Il existe un lien étroit entre nos différentes actions de surveillance. Cette matinée a permis de présenter les actions des uns et des autres, de mieux les comprendre et surtout de se connaître pour mieux travailler ensemble à anticiper les risques phytosanitaires. Il y aura des sujets de concertation, un travail pour faire évoluer les actions, la réglementation », indique-t-elle.

 

Documents en téléchargement

2017 Bilan de la surveillance règlementaire - Biosécurité - SIVAP

2017 Bilan du réseau de surveillance des cultures par le GDS-V

2017 Bilan phytosanitaire interceptions aux frontières - IAC-IRD

Outils de surveillance PLD Jourdan et al 18

 

Mieux comprendre les risques

Le but commun est d'« optimiser l'outil de gestion des cultures », avec « un message fort » adressé aux agriculteurs : « Il ne s'agit pas de “fliquer”, mais de mieux comprendre les risques auxquels les cultures sont exposées pour mieux les protéger », insiste Sophie Tron. Un message bien compris des quatre élus de la Chambre d'agriculture présents : Michel Colomina, maraîcher à Bourail, Jean-Michel Delathière, exploitant à La Foa, Jean-Philippe Bougault, horticulteur à Dumbéa, et Franck Soury-Lavergne, producteur bio à La Foa.
Objectif pour la Chambre d'ici 2019 : renforcer le rapprochement avec les partenaires et mettre en place un système d'information collaboratif.

La surveillance réglementaire

Le Sivap exerce la compétence de biosécurité et de surveillance phytosanitaire. Il met en œuvre « les moyens visant à éviter l'introduction, voire à éradiquer tous les agents biologiques nuisibles réglementés dans le cadre du schéma phytosanitaire », expose Frédéric Gimat. La surveillance s'exerce sur les plantes, animaux et supports dès avant la frontière (règles de biosécurité), à la frontière via des inspections aux différents points d'entrée (aéroports, ports, wharfs, marinas...) et jusqu'aux parcelles avec un réseau de surveillance des principaux organismes nuisibles de quarantaine (mouche des fruits, fourmi de feu, Ralstonia). Ce travail s'inscrit dans une dimension internationale et doit rester compatible avec l'activité économique, souligne Hervé Jourdan, de l'IRD : « Un règlement ne doit pas être un barrage au commerce. » C'est pourquoi, les limitations doivent être dûment motivées et le risque prouvé.

Biosécurité aérienne

Nicolas Fijalkowski, chef de l'inspection voie aérienne du pôle biosécurité du Sivap, a dressé le bilan 2017 de l'inspection phytosanitaire. Sur les plus de 257 000 plants importés par fret aérien, 70 % étaient « non conformes ». Les plants viennent essentiellement de France, Thaïlande et Taïwan.  L'Asie détient la palme de la non-conformité avec « une importation sur deux » visée. Les plantes ornementales représentent 75 % des quantités importées. Ce qui fait dire à l'horticulteur Jean-Philippe Bougault qu'il est capital d'« encadrer la profession d'horticulteur, de savoir qui est producteur et qui ne l'est pas, car la plupart des plants visés par le Sivap sont destinés à la revente et non à la production ». Il préconise une charte pour mieux se prémunir.

Laboratoires experts d’identification

Sur 328 échantillons confiés par le Sivap à l'IAC en 2017, « 1 200 spécimens ont été trouvés, appartenant à 502 espèces dont 319 identifiées », a indiqué Christian Mille, responsable de l'équipe Arboreal de l'IAC, soit une forte hausse. Parmi eux, une majorité de thrips et de pucerons et une crainte concernant la punaise diabolique, qui « pourrait faire de gros dégâts si elle parvenait à s'installer ».

La surveillance des cultures

Le réseau de surveillance des cultures est constitué de différents dispositifs : le suivi de parcelles fixes réparties sur une trentaine d'exploitations (maraîchage, fruits, tubercules), les résultats du Labovert, la veille des bioagresseurs prioritaires (papillon piqueur, Ralstonia, mildiou de la pomme de terre, bunchy top...), les parcelles expérimentales de la Technopole et des collaborations volontaires des organisations professionnelles et des services des provinces.
On retiendra, pour 2017, la montée en puissance du thrips en maraîchage et une forte fréquence des acariens dans la plupart des filières. Ce bilan, probablement sous l’influence des tendances climatiques (sécheresse hivernale), révèle également l’importance des problématiques physiologiques (stress hydrique…). En revanche, les maladies bactériennes et fongiques ont généralement eu une faible pression, alors que les maladies liées aux phytoplasmes et virus transmis par des insectes vecteurs comme les pucerons ou les cicadelles ont été importantes.
Pour le détail du bilan phytosanitaire 2017 par filière, se reporter au site de la Chambre d'agriculture : www.canc.nc