Agriculture biologique régionale

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Bilan du projet européen INTEGRE

À l’heure du clap de fin pour le projet européen Integre, Initiatives des territoires pour la gestion régionale de l’environnement, son volet agriculture biologique régional, piloté pendant quatre ans par la Chambre d’agriculture, a présenté son bilan. Une dynamique régionale s’est structurée et le 11e Fonds européen de développement se prépare…

Un nouveau réseau et trois fermes pilotes

« On a créé une vraie communauté - et ce n'est pas un vain mot - autour de l'agriculture biologique. » François Japiot, chargé de la coopération technique régionale à la Chambre d’agriculture, résume l'effet du projet Integre, mené de 2014 à fin 2017 dans quatre pays et territoires d’outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française, Pitcairn et Wallis-et-Futuna) et coordonné par la CPS, Communauté du Pacifique. Le volet agricole, financé à hauteur de 90 millions de francs par l’Union européenne, a abouti à la création de trois fermes pilotes bio et une dynamique de réseau inédite et pérenne. Le 7 décembre dernier, un bilan très positif a été présenté au siège de la CPS, à Nouméa, devant un parterre de représentants de chaque territoire. « Ce projet a permis pour la première fois de mettre en réseau les chercheurs, les techniciens, les agriculteurs et les associations autour de thématiques définies par les agriculteurs eux-mêmes. Des compétences variées, complémentaires, au service d’une même cause », souligne Thomas Carlen, directeur du lycée Do Néva à Houaïlou et président de Biocaledonia.

Tradition et modernité

« L'agriculteur a été placé au centre de ce dispositif participatif », apprécie Franck Roussel, professeur d'agronomie au lycée agricole de Wallis-et-Futuna, pour qui il est important de « valoriser tous ces savoirs, en méthodes, rotations culturales, associations de cultures, etc. » Cette « synergie entre la recherche appliquée et les connaissances traditionnelles » est la grande réussite du projet Integre. Pour Vincent Vaucherot, technicien à la Direction de l'agriculture de Polynésie française, face aux « difficultés communes, notamment la faible disponibilité en intrants et semences adaptées aux tropiques, il faut pouvoir inventer », puis « confirmer l'efficacité des techniques et rendements et continuer de chercher des solutions en soutien technique ». Issues de ce vaste travail de décloisonnement, de valorisation et de validation, des fiches techniques (lire ci-contre) vont fournir de précieuses informations aux agriculteurs et aux techniciens pour améliorer leurs pratiques.

Faire évoluer la norme

« Le bio, c'est avant tout un label et une garantie que les produits répondent à un cahier des charges précis. On n'est pas "presque bio", insiste François Japiot. Le projet Integre a également permis de travailler ensemble à améliorer la gestion et la gouvernance de la norme océanienne d’agriculture biologique (NOAB) et de la PoetCom* qui doivent évoluer pour accompagner la croissance de l'agriculture bio, tout en répondant aux exigences du cahier des charges de la norme AB. » Et dans ce « moment charnière », le consommateur doit être un partenaire : « il faut désormais penser de l'assiette au champ, plus seulement du champ à l'assiette. »

* Communauté océanienne pour l’agriculture biologique et le commerce éthique, l'instance de référence de l’agriculture biologique en Océanie, hébergée dans les locaux de la CPS à Nouméa.

Vers le 11ème FED

Le projet Integre s'insérait dans le cadre du 10e Fed (2008-2013), Fonds européen de développement. Le 11e Fed régional (2014-2020) alloue aux PTOM (pays et territoires d’outre-mer) du Pacifique une enveloppe de 800 millions de francs (6,7 millions d'euros), pour la transition agro-écologique et de développement de l'agriculture bio. Selon François Japiot, cette suite s’appuie sur les expériences et les résultats d’Integre, mais elle va « plus vite, plus loin et plus fort : il s'agit d'aider les agriculteurs, y compris les éleveurs qui voudraient adopter des pratiques agro-écologiques, voire être certifiés bio, à réussir leur transition ».

Concrètement, il est prévu de mener des expérimentations, d’élaborer, transférer et diffuser des pratiques agronomiques et d’élevage innovantes, issues de l’agro-écologie, au sein d’un réseau d’agriculteurs et d'agricultrices conventionnels, tout en consolidant les fondements de la gestion de la fertilité du sol, de l'eau, du matériel végétal adapté, des bio-agresseurs et des pratiques d'élevage. Il s'agit aussi de faciliter la mise en relation des acheteurs et des producteurs locaux, bio ou engagés dans l'agro-écologie, en intégrant mieux le triptyque « agriculture/alimentation/santé » à travers, par exemple, des recettes bénéfiques à partir des produits locaux sains, mais aussi en structurant durablement la filière AB par l'aide au conditionnement, à la transformation et à la mise en marché des produits agricoles.

François JAPIOT, chargé de mission coopération régionale
Chambre d'agriculture, 3 rue Alcide Desmazures
98 800 Nouméa, Nouvelle-Calédonie

Tél : (+687) 24.63.70 - Mob : (+687) 76.16.91 - Fax : (+687) 28.45.87
Courriel : francois.japiot@canc.nc

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